LES VOCATIONS DOIVENT ÊTRE TESTÉES

Le jeune homme qui, sous notre direction et avec notre aide, se décide soit pour la vie religieuse, soit pour le sacerdoce, ne doit pas être abandonné à lui-même, ni croire qu’un travail ultérieur sur son âme de notre part sera inutile. Il est nécessaire que la vocation soit solide, qu’elle soit enracinée avec de profondes convictions, qu’elle soit nourrie par la prière, la conversation et l’apostolat, et finalement qu’elle soit enfin éprouvée.

Nous disons que finalement elle doit t être testée, c’est-à-dire à la fin, lorsque la vocation n’est plus une toute petite plante mais devient un arbre, c’est-à-dire lorsque le jeune a réalisé ce qu’il fait et que le temps lui a donné la possibilité d’assimiler dans son cœur tout le complexe d’obligations, de joies spirituelles et de sacrifices qu’il devra expérimenter dans le nouveau genre de vie qu’il a librement choisi.

Il est bon de prendre la chose au sérieux et avec gravité dès le début, et cela peut très bien se faire sans donner l’impression quel’on veuille influencer.

« Avez-vous vraiment la vocation ? Ce serait une grande grâce de Dieu. Je souhaite vraiment que tu puisses y arriver, parce que, vraiment, tu serais un jeune heureux. Mais dis-moi, un peu, comment t’est venue cette pensée… » Et tout est ainsi dévoilé ainsi, calmement, avec sincérité et avec un certain sentiment d’amitié, de confiance et l’on peut en même temps examiner le cas en toute tranquillité. Le jeune homme sera votre ami et, voyant votre sincérité, il s’ouvrira à vous, convaincu qu’en se mettant entre vos mains, il sera bien guidé.

L’OBLIGATION DE SUIVRE SA VOCATION

Celui qui a une véritable vocation pense à la suivre, non pas parce qu’il y est contraint, mais parce qu’il désire lui-même atteindre son idéal le plus tôt possible. Mais le diable peut l’assaillir de fortes tentations, faisant paraître les distractions du monde très belles et les sacrifices de la vie religieuse terriblement insupportables.

Si, au fil du temps, il se convainc que sa décision a été prise dans un moment d’enthousiasme et que la vie religieuse n’est pas vraiment pour lui pour des raisons que son Père spirituel approuve, il est clair qu’il ne pèche pas s’il abandonne son intention. Dans ce cas, sa décision, mise à l’épreuve, apparaît comme mal faite ou erronée.

Le pire, c’est lorsque le jeune, convaincu d’avoir une véritable vocation, ne veut pas la suivre pour des raisons humaines et futiles ou sur un coup de tête : « Le monde me plaît ! Ça me dérange de devenir religieux Il me semble que je serai ridicule avec l’habit.  Je ne veux pas le faire parce que je ne veux pas ! Et ce sont des faits réels qui se produisent.

*P. Iorio a donc eu raison, dans son Compendium Theologiae Moralis, de s’exprimer très sérieusement sur ce point :

 » On se demande si commet un péché celui qui se sent appelé à la vie religieuse et ne suit pas la vocation divine ?

 » Je réponds : 1 En soi et à proprement parler, il ne commet aucun péché, car les conseils divins en eux-mêmes n’imposent aucune obligation, puisque c’est précisément en cela qu’ils diffèrent des préceptes.

« Je réponds : 2 Néanmoins, il ne peut guère s’excuser d’aucun pêché à cause du danger dans lequel il se place d’être éternellement perdu. En outre, il commettrait un péché mortel s’il était persuadé que le seul moyen qui lui reste pour atteindre la vie éternelle est de fuir les dangers du monde en devenant religieux.

*Le Père Ferreres, s’exprime cependant avec plus de force :

 » La vocation au sacerdoce oblige-t-elle l’individu à la suivre sous peine de péché mortel ? « .

Il semble à certains qu’il faille répondre par l’affirmativement, lorsqu’ill y a certains signes de vocation, et ceci à cause des très graves dangers de perte dans lesquels se trouvera celui qui, ayant méprisé la vocation divine, embrasse de sa propre initiative n’importe quel autre état dans le monde ».

« C’est pourquoi saint Alphonse de Liguori dit que cette vocation est d’une telle importance que le salut de celui qui est appelé et aussi celui de nombreux fidèles en dépendent ».

Puis, en de plus petits caractères, après avoir émis cette sentence qui est la sienne, le Père Ferreres continue :

« D’autres distinguent cependant la vocation impérative, par laquelle Dieu impose une obligation d’obéir, et la vocation invitante, par laquelle Dieu invite à l’état clérical, mais n’impose pas une stricte obligation. On dit que le premier type de vocation oblige à « sub gravi », tandis que le second non… ».

Et cette façon de parler des théologiens ne nous étonnera pas si nous considérons comment, dans la pratique, Dieu, bien des fois, fait payer de façon terrible ce non dit sur le ton et à la manière du petit rebelle qui rejette et méprise une grâce de prédilection qui lui est offerte comme un signe d’amour immense de la part de son Rédempteur, et tout cela… sur un coup de tête… ou à cause du désir secret de jouir de la vie, ou parce qu’on ne veut pas de ce qui semble être un sacrifice.

Si Dieu punit, cela signifie que celui qui ne le fait pas, ne lui est pas indifférent.

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