Hommage aux Mères de l’Apostolat des 40 Heures, Sœur Maria de las Virtudes SSVM

Hommage aux Mères de l’Apostolat des 40 Heures

Dans le cadre du 150ème anniversaire de la première rencontre du prêtre vincentien Jorge Maria Salvaire avec la « Concepcion Pura y Limpia », la Vierge de Luján, le 3 décembre 1871, je crois que c’est un digne hommage aux mères de l’apostolat des 40 heures pour les vocations religieuses de vous faire connaître une figure aussi importante car, d’une mère comme vous, est né ce magnanime ministre de Dieu, missionnaire et marial qui a magnifié notre chère Argentine et l’a rendu immortelle en se lançant dans la construction du magnifique sanctuaire de Luján, l’écrin le plus précieux qu’un homme puisse offrir à la Mère de Dieu, la Perle que le ciel nous a léguée vêtue de ses propres couleurs et nous apportant en son sein le Soleil même de la Justice qui se reflète dans le soleil de notre drapeau.  

     

Ici, dans notre terre, en effet, Dieu a caché cette Perle de l’Évangile que le marchand avisé, en la trouvant, a su tout vendre pour acheter la terre et avec elle la belle Perle qui y était cachée…

Et ici, dans ce même sol et au-delà de ses frontières, en effet, Dieu cache des milliers de femmes, de vraies mères, à l’image de celle qu’elles vénèrent comme la plus exaltée de toutes et qui n’a pas d’égale parmi toutes les femmes.

La mère du Père Salvaire, Maria Vazquez, une Espagnole de Cadix, de qui il apprit dès le berceau l’amour intime de cette autre Marie, la Mère spirituelle de son âme et de sa vocation sacerdotale et religieuse.

L’histoire nous laisse très peu d’informations, mais cela suffit pour nous faire prendre conscience que derrière un prêtre il y a une mère qui l’a engendré, non seulement à la vie physique, mais beaucoup plus encore à la vie spirituelle comme tant d’autres mères le font encore dans les larmes, dans la prière, avec d’innombrables sacrifices et renoncements souvent douloureux, comme dans un continuel enfantement où se mêlent joie et angoisse. C’est ainsi que ces mères continuent à donner naissance aux nombreuses vocations consacrées qui veulent suivre le Christ plus intimement….

A l’âge de 19 ans, elle le voit partir pour le séminaire de la Congrégation pour la Mission (Lazaristes-Vincentiens) à Paris et des années plus tard, quelques mois après son ordination sacerdotale, elle le voit partir pour la lointaine Argentine.

Tandis que sa mère lui faisait ses adieux sur les rivages de la France, une autre mère, Marie, plus majestueuse et plus tendre l’attendait sur les rives du fleuve Luján et marquait son singulier destin pour être celui qui lui construirait une digne demeure là où la Divine Providence a voulu l’offrir pour être la Mère de toute une nation qui serait ses enfants les plus dévoués de génération en génération.

C’est ainsi que cela devrait se passer dans le cœur de chaque mère qui voit son fils partir pour le séminaire ou le couvent. C’est ainsi qu’elle doit lui dire adieu, c’est ainsi qu’elle doit le voir partir, confiante qu’une mère majestueuse et remplie de tendresse l’attend dans la chapelle et l’église de sa nouvelle demeure où il vivra en paix et en sécurité sous un manteau si céleste et protégé par des mains si puissantes et toujours unies dans la prière.

Bien que ces lignes soient écrites par amour pour Notre-Dame de Lujan, patronne de la République d’Argentine, elles sont destinées à toutes les mères du monde qui, d’une manière ou d’une autre, ont vu, connu ou au moins entendu parler de ses mille bontés pour ses consacrées.

C’est pourquoi, mère, qui que tu sois, qui lis ces lignes, où que tu sois, toi qui donnes  ton fils pour se consacrer à Dieu, je veux que tu saches qu’une Mère l’attend qui l’aimera plus que toi, qui est la mère de son âme et de sa vraie vie, et qui est celle qui t’apprend à offrir au pied de la croix, de ta croix quotidienne, le fils, prêtre et « victime », la fille religieuse et « hostie » tout entière pour Dieu avec les mêmes dispositions afin que tu sois aussi cet écrin qui contient une telle Perle.

Et toi, en voyant ton reflet dans les hautes tours de la basilique majestueuse et depuis le sommet de la croix, dis avec tout ton amour de mère : je veux que mon fils, que ma fille, implore le ciel afin que la vierge de Lujan continue à regarder le monde avec clémence et bonté.

Et en voyant la silhouette féminine, aux contours bleus et blancs, délicate et maternelle, humble et royale à la fois de la vierge de Lujan mère des vocations consacrées, la même vierge qui s’est inscrite dans ton âme, afin que tu deviennes une femme, une épouse et une mère féconde pour Dieu.

A vous tous, notre gratitude la plus affectueuse ! Ne séparez jamais vos mains de votre poitrine comme la Petite Vierge de Lujan, toujours dans une attitude de prière pour nous, pour chacun de nous !

Et à toutes les mamans qui sont déjà parties au ciel qui ne comptent plus les 40 heures, mais qui prient sans cesse pour nous, que le Seigneur les garde très proches de Lui-même et de sa Sainte Mère où nous espérons aussi les rejoindre grâce à son infinie bonté.

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Le Père Jorge Maria Salvaire a construit la basilique plus par dévotion et amour pour cette bonne Mère que par ses innombrables efforts et fatigues. Aujourd’hui, Lujan est la capitale de la foi du peuple argentin. Aujourd’hui, cette basilique s’élève gracieusement au-dessus des tempêtes de ce monde toujours orageux. Aujourd’hui, vous pouvez dire adieu à un fils ou à une fille qui construit tant de sanctuaires pour Dieu à l’image de la finesse de l’amour avec lequel une si bonne mère nous attend sur les rives d’un fleuve qui nous fait naviguer plus profondément à la recherche des âmes. Laissez-les partir ! Et élargissez votre regard là où la Vierge les attend pour prendre soin d’eux POUR TOUJOURS, POUR TOUJOURS, POUR TOUJOURS !

Dieu vous bénisse ! Merci ! Vive la Vierge !        

 

Sœur Maria de las Virtudes SSVM

17 février 2021

San Rafael, Argentine

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