Bulletin – mars 2022

Demandez au maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson (Mt 9,38)

Ils sortirent donc, et voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson». (Mt 9, 33-38).

Ce texte de l’évangile de saint Matthieu précède immédiatement le premier envoi en mission de ses apôtres par Jésus, leur donnant « le pouvoir sur tous les esprits impurs, de les chasser et de guérir toute maladie et toute infirmité » (Mt 10,1). Laissons de côté la première partie : l’exorcisme d’un démoniaque muet qui, une fois exorcisé, se met à parler… et l’incompréhension et l’envie des pharisiens, incapables de se convertir face à un signe aussi extraordinaire… tandis que le peuple s’émerveille et dit  » on n’a jamais rien vu ça en Israël « . Il suffit de dire que ce miracle de Jésus, dans lequel il montre son pouvoir sur les démons, prépare l’envoi des apôtres qui suit, pour lequel Jésus leur communique son pouvoir d’exorciser les démons et de guérir. Par les apôtres, notamment dans la transmission du sacerdoce catholique, l’Église et les ministres de l’Église ont aussi ce pouvoir aujourd’hui.

La deuxième partie du texte, dans laquelle Jésus, parcourant les villages et les synagogues, guérit toute maladie et tout mal (pouvoir qu’il donne également aux apôtres dans le texte suivant), et a pitié des personnes épuisées et découragées, car elles sont comme des brebis sans berger. Et il leur ordonne de demander à Dieu de faire des ouvriers dans la moisson du Seigneur, c’est-à-dire d’envoyer des ministres dans les champs du monde pour travailler au bien des âmes.

Ce texte nous parle donc de la première pastorale des vocations à faire, celle que Jésus lui-même nous a enseignée et commandée : prier pour les vocations, prier le maître de la moisson (Dieu) d’envoyer des ouvriers pour travailler à sa moisson. Par ce commandement, le Seigneur nous assure également de l’efficacité de cette prière, car il s’agit d’une prière pour le bien de l’Église et pour le bien des âmes, une prière qu’Il entend toujours. Mais regardons le texte d’un peu plus près.

– Jésus a de la compassion pour les gens… parce qu’ils sont comme des brebis sans berger. C’est la compassion de Jésus ce qui l’a conduit à s’incarner, à se faire homme, pour venir racheter l’humanité. Cette compassion que Zacharie, le père de Saint Jean Baptiste, chante magnifiquement dans le Benedictus, lorsque naît le précurseur de Jésus :  » par la tendre miséricorde de Dieu, nous serons visités par un soleil qui se lève d’en haut… un puissant sauveur « . Les entrailles de la miséricorde de Dieu, qui est amour, comme l’enseigne saint Jean dans sa première lettre. « Dieu est amour ».

– En raison de cet amour attachant de Dieu, Jésus lui-même a été le premier à être envoyé pour paître les brebis et les conduire vers les pâturages sûrs du ciel. Il est venu comme le berger des brebis, comme le « grand berger » (megas), comme l’appelle saint Pierre. Et il nous a montré comment être un bon berger : en donnant sa vie pour ses brebis. Il dira : « Je suis le bon berger ». Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Et il le donne librement : personne ne me le prend, mais c’est moi qui le donne. J’ai le pouvoir de le donner et le pouvoir de le reprendre. Montrant ainsi que le plus grand amour, celui qui va jusqu’à mourir pour ceux qu’il aime. Puis Il dira à la dernière Cène : il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis…..

– Ce bon berger, qui a été envoyé par son Père pour donner sa vie en sacrifice pour nous, veut que les autres fassent la même chose que lui. Il veut associer les autres à la même mission rédemptrice. C’est pourquoi il choisit, il appelle. Et il choisit toujours, il appelle toujours, de sorte que dans son Église, il ne manque pas de bons bergers, prêts à donner leur vie pour les brebis. Il a d’abord choisi les apôtres et les autres disciples et les a envoyés, en leur disant : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». C’est-à-dire qu’Il nous envoie en nous donnant tout ce qui est nécessaire pour la mission, comme le Père lui a donné tout ce qui est nécessaire pour la mission déjà dans la génération éternelle du Verbe ; mais Il nous envoie aussi avec le même but : enseigner et faire du bien à tous. Et en nous donnant concret : envoyés de la même manière que Lui, c’est-à-dire pour donner notre vie pour les brebis.

Que la vocation des prêtres est grande ! Elle consiste à prolonger la mission même de Jésus… non pas séparément de Jésus, mais en participant à son unique sacerdoce ! Qui est un sacerdoce efficace pour le pardon des péchés du monde. C’est pourquoi le prêtre, lorsqu’il accomplit les plus grandes choses que lui seul peut faire (célébrer la messe et absoudre les péchés), prononce les mots à la première personne, comme s’il ne faisait qu’un avec Jésus : ceci est mon corps donné pour toi / ceci est mon sang versé pour toi / je t’absous de tes péchés.

– C’est donc à travers les prêtres que Jésus perpétue sa présence sacerdotale dans l’Église. Et dans chaque baptisé, membre qui fait partie de son corps et de son peuple sacerdotal. Mais le prêtre ordonné participe à la fonction du Christ tête, du Christ tête qui donne la grâce à tout le corps mystique. Une vocation admirable ! Par les prêtres, Jésus est comme une hostie offerte sur nos autels, comme une nourriture qui nous est donné dans la communion, et pour pardonner les péchés. Et il y a aussi son pouvoir, le pouvoir de guérir toute affection et toute maladie spirituelle, comme le dit l’Évangile de saint Matthieu, et le pouvoir d’exorciser le diable.

Une vocation admirable, tant combattue de nos jours ! Car l’ennemi sait qu’il ne peut rien faire contre la puissance des prêtres, car c’est la puissance même du Christ. Ainsi, il fait tout pour détourner les hommes du prêtre… par la calomnie, la diffamation, le discrédit….. Il suffit d’ouvrir un journal ou d’écouter une radio pour s’en rendre compte !

Et pourtant, comme le prêtre est grand ! Les saints prêtres sont la fleur de l’humanité, les grands bienfaiteurs de l’humanité, qui s’offrent silencieusement pour le salut des âmes. Que Dieu envoie beaucoup de saints prêtres à son Église. Et pour cela, il nous appartient de prier beaucoup, selon le commandement du Seigneur : priez le maître de la moisson d’envoyer plus d’ouvriers dans sa moisson. C’est la première et la plus fondamentale des pastorales des vocations ! Car celui qui envoie les ouvriers à sa moisson, c’est Dieu : Lui seul appelle, et c’est à lui que nous devons demander cette grâce.

Mais nous devons aussi faire plus. Je dis seulement ceci : tout comme le monde dit du mal des prêtres parce qu’il veut éloigner les gens des sources de la grâce, nous devons faire le contraire. Ayez une grande charité pour nos prêtres et parlez d’eux en bien. Surtout devant les enfants et les jeunes, afin qu’ils grandissent en les aimant et en aimant notre foi. Jean-Paul Ier, avant d’être pape (Albino Luciani) qui sera bientôt béatifié, a dit, en parlant de l’énorme pouvoir de l’environnement dans lequel nous grandissons : « Avez-vous dans votre famille des enfants de quatre ou cinq ans qui parlent couramment ? Oui ? Comment cela est-il arrivé ? Vous les avez eus chez vous, ils vous ont continuellement vu, écouté, répondu à vos questions et maintenant ils parlent sans demander pourquoi ni comment. Eh bien, voulez-vous qu’ils apprennent aussi à prier et à être doux ? Qu’ils voient à la maison des parents, des frères et sœurs et des grands-parents qui prient, qui s’aiment, qui sourient, qui affrontent les sacrifices de chaque jour dans la bonne humeur. Faites en sorte que les meubles, les photos, les livres, les magazines, reflètent l’esprit noble et religieux de ceux qui dirigent la maison. Chacun de ces éléments agira minute après minute, pendant des jours, des mois, des années, pénétrant les âmes, et influençant le destin de toute une vie » (Albino Luciani, « Cent Pensées », n. 45). Si dans nos familles nous prions pour les vocations, pour les prêtres et si nous vivons dans un environnement chrétien alors naîtront, de nombreuses et saintes vocations.

Confions cette intention à la très Sainte Vierge Marie, Mère de tous les prêtres.

 

R.P. Gonzalo Ruiz Freites, IVE

Prière de Saint Paul VI

Éclairés et encouragés par ta Parole, nous te prions, Seigneur, pour tous ceux qui ont déjà suivi et vivent maintenant ton appel. Pour tes évêques, prêtres et diacres ; et aussi pour tes religieux, frères et sœurs consacrés ; et aussi pour tes missionnaires et pour les généreux laïcs qui travaillent dans des ministères institués ou reconnus par la Sainte Église. Soutiens-les dans les difficultés, réconforte-les dans la souffrance, assiste-les dans la solitude, protège-les dans la persécution, et renforce la fidélité !

Nous te prions, Seigneur, pour ceux qui ouvrent leur âme à ton appel ou qui se préparent déjà à le suivre. Que ta Parole les éclaire, que ton exemple les gagne, que ta grâce les guide vers le but des ordres sacrés, des vœux religieux, du mandat missionnaire.

Que ta Parole, Seigneur, soit pour eux tous un guide et un soutien, afin qu’ils sachent guider, conseiller et soutenir leurs frères et sœurs avec cette force de conviction et d’amour que tu possèdes et que toi seul peux communiquer.

Saint Paul VI, 1er février 1978

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